On reconnaît que le développement de la communication orale chez le jeune enfant se fait d’abord par le développement de ses capacités à comprendre les informations qu’il entend. Ainsi, plus on parle à l’enfant, plus on interagit avec lui, et plus grandes sont les chances que ce dernier développe un lexique réceptif (mots connus) et un lexique expressif (mots utilisés) riche.

Découvrez l'article de Nancy Allen, stagiaire postdoctorale subventionnée par le CRSH à l’Université Laval.

Modalités

Pour citer cet article

Allen, N. (2020). Le langage, c’est plus qu’une affaire de mots ! Québec : http://irc-cn.ca/outil/le-langage-cest-plus-quune-affaire-de-mots/

À propos de l'auteure

Nancy Allen est stagiaire postdoctorale subventionnée par le CRSH à l’Université Laval. Dans le cadre de ses recherches, elle s’intéresse entre autres à l’enseignement intégré des compétences en français, de même qu’aux interactions et au développement de la communication orale et écrite.

Allen est également membre de l’équipe Qualité des contextes éducatifs de la petite enfance, en plus d’être chargée de cours au premier et au deuxième cycles au sein des universités du réseau UQ.

Pour en savoir plus, consultez son profil complet de chercheuse associée du CTREQ.

Matériel

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Le langage, c'est plus qu'une affaire de mots !

On reconnaît que le développement de la communication orale chez le jeune enfant se fait d’abord par le développement de ses capacités à comprendre les informations qu’il entend. Ainsi, plus on parle à l’enfant, plus on interagit avec lui, et plus grandes sont les chances que ce dernier développe un lexique réceptif (mots connus) et un lexique expressif (mots utilisés) riche.

Le titre de cet article n’est pas trompeur ! Utiliser le langage, c’est entrer en communication, c’est utiliser non seulement des mots et des phrases pour s’exprimer et pour être compris, mais aussi son corps. De même, le jeune enfant qui entre en interaction avec un adulte ou un pair développe plus que des habiletés langagières. Il développe également ses habiletés sociales (ex. : attendre son tour), émotionnelles (ex. : reconnaître qu’un ami a de la peine, que les mots ou les gestes peuvent blesser ou faire rire) et cognitives (ex. : faire des liens entre la maison et le milieu de garde / l’école). Les interactions que vit l’enfant en service de garde éducatif ou en contexte préscolaire lui serviront donc à se construire comme individu, à se connaître, à établir ses limites et à développer ses goûts, ses préférences, ses champs d’intérêt.

Le rôle des interactions dans le développement

Le rôle des interactions dans le développement du jeune enfant est donc central. Les interactions qui sont dites de qualité, notamment celles où l’adulte se penche vers l’enfant pour le regarder dans les yeux lorsqu’il lui parle, où il lui fait entendre de nouveaux mots, des synonymes ou des structures de phrases élaborées, contribuent aux apprentissages langagiers de l’enfant. Ces interactions de qualité reposent aussi sur la relation de confiance qui s’établit entre l’enfant et l’adulte. De plus, cette relation permet à l’enfant de se référer à l’adulte pour gérer ses interactions avec ses pairs ; l’adulte devient en quelque sorte un modèle pour l’enfant et participe à son développement social et émotif. Les interactions vécues avec l’adulte sont donc centrales dans le développement global de l’enfant, soit un développement qui comprend les diverses habiletés contribuant à sa formation en tant qu’individu.

De nombreuses études montrent toutefois que les interactions qui visent spécifiquement le développement langagier des jeunes enfants sont peu représentées dans les groupes (Bouchard et collab., 2010 ; Leroy, Bergeron-Morin, Bouchard et Maillart, 2016), qu’elles sont souvent spontanées ou encore qu’elles sont jugées faibles (Allen, April et Bouchard, 2019). Considérant l’importance du développement langagier chez les jeunes enfants pour le développement d’autres habiletés, la mince place accordée aux interactions de qualité dans les milieux de garde éducatif et à l’école, en ce qui concerne le langage, est préoccupante. Des interactions de qualité avec les enfants sur le plan langagier mériteraient, à juste titre, d’être planifiées et intégrées aux routines instaurées par les éducatrices ou les enseignantes.

Pour aller plus loin

Infographie

Soutenir les interactions de qualité, c’est soutenir le développement du langage!

Références

Allen, N., April, J. et Bouchard, C. (2019). Soutenir le développement langagier en CPE lors de certaines routines. Psychologie préventive, 52, 3-15.

Bouchard, C., Bigras, N., Cantin, G., Coutu, S., Blain-Brière, B., Eryasa, J., Charron, A. et Brunson, L. (2010). Early childhood educators’ use of language-support practices with four-year-old children in daycare centers. Early Childhood Education Journal, 37(5), 371-379.

Leroy, S., Bergeron-Morin, L., Bouchard, C. et Maillart, C. (2016). Soutenir le développement langagier des enfants en maternelle : portrait de la qualité des interactions enseignant.e/enfants. Actes du 9e colloque RIPSYDEVE – Réseau interuniversitaire de recherche en psychologie du développement, Louvain-la-Neuve.